Lettres Hébraïques, Miroir de l’Être

De Irit Slomka Saguy

Cet ouvrage propose de découvrir la langue hébraïque à travers le sens caché de ses lettres et des mots, selon une approche inspirée de la Kabbale. Il explore la nature humaine et les grandes questions de l’existence en associant psychologie, philosophie et spiritualité.

À travers les mots du quotidien, l’auteur montre une autre façon de comprendre l’hébreu : chaque mot devient porteur d’un enseignement et ouvre sur une réflexion plus profonde. L’ouvrage remet ainsi en question certaines idées reçues et présente l’hébreu comme une langue à la fois profonde, structurée et intimement liée à la pensée humaine.

Une invitation à découvrir autrement la langue des Saintes Écritures, que le lecteur pourra considérer comme divine ou humaine selon sa propre réflexion.

Contenu

La force de ce livre repose réellement sur la découverte des mots. Derrière chaque mot hébraïque se cache un sens à plusieurs facettes.

La démarche de l’auteure s’appuie sur la racine hébraïque, constituée de trois lettres. Une racine de trois lettres permet six permutations possibles. La racine permutée signifie que l’on a changé l’ordre des lettres afin de faire émerger un nouveau type de racine, porteur d’un sens différent.

L’ouvrage a pour but de rapprocher les différents éléments trouvés à travers les diverses permutations envisagées. Grâce à ce travail remarquable, le lecteur découvre toute la poésie qui se déploie autour de la langue hébraïque.

Exemples de permutation

« Être capable »

1. Ustensile, outil, récipient — KeLY — כלי
2. Être capable, être apte, pouvoir — YaKHoL — יכול
3. Calibrer, ajuster (un instrument) — KYeL — כיֵל

À partir de l’exemple de כ־ל־י (KLY), associé à l’idée d’« instrument » ou de « récipient », le texte établit un lien avec יכל (YKL), qui signifie « pouvoir », « être capable ». Cette proximité suggère que les notions d’outil, de capacité et de réceptivité peuvent être mises en relation : l’être humain est à la fois un « instrument » capable d’agir et un « réceptacle » capable de recevoir.

« Fleurir, s’épanouir »

1. Fleurir, s’épanouir, éclore — PaRaH — פרח
2. Creuser — HaRaH — חרה
3. Hiverner, hiver — HaRaPh — חרף
4. Planer, survoler — RaHaPh — רחף

Le texte présente la floraison comme l’aboutissement d’un processus de préparation, et montre, à travers les racines hébraïques et leurs permutations, les différentes étapes nécessaires à cet épanouissement. La racine פרח (PaRaH) signifie « fleurir » : elle représente l’éclosion après une longue maturation. Pour y parvenir, l’être humain doit d’abord s’enraciner et rechercher ses racines, ce qui est associé à חפר (HaPhaR), « creuser ». Il doit ensuite accepter des périodes de retrait, de repos et d’intériorité, évoquées par חרף (HaRaPh), avant de pouvoir finalement s’épanouir et prendre son envol, avec רחף (RaHaPh), « planer ».

« Pacifier »

1. Pacifier, réconcilier, parfaire, complet — ChaLaM — שלם
2. Maîtriser, gouverner, exemple — MaCHaL — משל
3. Payer — CHiLeM — שילם

Le texte présente la paix comme un processus qui commence par une réconciliation avec soi-même. La racine שלם (ShLM), liée à la paix, contient également l’idée de compléter, de rendre entier et de maîtriser. À travers ses différentes formes et permutations, elle fait apparaître un chemin : il faut d’abord reconnaître et accepter ses propres imperfections, puis se réconcilier avec ses défauts plutôt que de les combattre. Cette réconciliation permet de se compléter grâce aux autres et d’entrer dans une relation plus harmonieuse avec eux. Le mot CHiLeM, qui signifie « payer », vient de la même racine et suggère que la paix a un prix : elle demande un investissement personnel, des efforts et parfois des souffrances. Ainsi, les différentes formes de la racine שלם relient les notions de complétude, réconciliation, maîtrise et paix, comme les étapes d’un même chemin vers l’harmonie.

Avis de Jenny

Ce livre m’a profondément touché, car il m’a fait découvrir une autre manière de comprendre les racines hébraïques. En explorant les liens entre les mots et les permutations des racines, j’ai renforcé ma conviction que l’hébreu est véritablement une langue sacrée, une langue conçue avec intelligence et intention pour permettre à ceux qui l’étudient de décoder le monde.