La doctrine secrète

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D’Héléna Blavatski

À travers un flot de mots, l’auteure nous entraîne dans son univers très personnel, centré sur la théosophie. Elle aborde une multitude de sujets tout aussi captivants les uns que les autres : le bouddhisme ésotérique, l’ésotérisme juif, la Kabbale, la cosmogonie égyptienne, entre autres.

Aucun résumé ne serait capable d’expliquer le contenu de ce livre si vaste. Les informations qu’il contient dépassent la compréhension de plusieurs.

Helena Blavatsky illustre sur plusieurs volumes comment nos connaissances actuelles de la création de notre monde, de notre place d’humain dans ces univers et botre aspect éthérique ont complètement disparus de nos mémoires. A travers les 2800 pages de son oeuvre, elle nous plonge dans un bassin d’informations basé sur de nombreux ouvrages encore disponibles ou malheureusement disparus. Les ouvrages qu’elle parcourt sont nombreux: Le Livre de Dzyan; – dont elle accorde une grande partie du livre a expliqué les stances du livre -, Le Livre des Morts, le Rig Veda, le Dankmoe, Pymandre, le Padma Purana, la Théologie de Platon. Sa connaissance est proprement invraisemblable et sort de l’ordinaire.

Dans ce texte, l’auteure évoque bel et bien une doctrine secrète qui a existé. Elle estime d’ailleurs que les premiers Pères de l’Église ont déployé de grands efforts pour la faire disparaître de la mémoire humaine.

 » Que l’on pense seulement aux milliers, et peut-être aux millions de manuscrits brûlés, aux monuments réduits en poussière parce qu’ils portaient des inscriptions trop indiscrètes ou des peintures d’un symbolisme trop instructif aux bandes d’ermites et d’ascètes qui, de bonne heure, ont erré parmi les cités ruinées de la haute et basse Egypte, dans les déserts et les montagnes, dans les vallées et les hautes terres, cherchant anxieusement, pour les détruire, tout obélisque ou pilier, tout rouleau ou parchemin, portant le symbole du Tau, ou tout autre signe que la foi nouvelle avait emprunté et s’était approprié – et l’on verrait clairement comment il se fait qu’il soit resté si peu des archives du passé. »

Mais la DOCTRINE SECRETE établit trois propositions fondamentales:

  • Un principe sur lequel toute spéculation est impossible puisqu’il transcende la puissance de conception humaine.
  • L’Eternité de l’Univers, in toto, comme plan illimité qui, périodiquement, est « le terrain de jeu d’innombrables Univers se manifestant et disparaissant incessamment ».
  • L’identité fondamentale de toutes les Ames avec la Sur-Ame Universelle, à travers le Cycle d’Incarnation, ou de Nécessité, d’accord avec la Loi Cyclique et Karmique.

La cosmogonie exposé par l’auteure révèle une formation de l’Univers principalement expliqué par les textes védiques et Le Livre de Dyzan et qu’elle résume en 4 étapes;

  • I. L’ABSOLU, le Parabrahman des Védântins ou Unique Réalité, SAT, qui est, comme le dit Hegel, à la fois Etre Absolu et NonEtre.
  • II. Le Premier Logos : l’impersonnel et, en philosophie, le Logos non manifesté, précurseur du manifesté. – C’est la « Cause Première », l’ « Inconscient » des Panthéistes européens.
  • III. Le Second Logos : Esprit-Matière, VIE ; l’ « Esprit de l’Univers », Purusha et Prakriti.
  • Le Troisième Logos : Idéation Cosmique, Mahat ou Intelligence, l’Ame Universelle du Monde le Noumène Cosmique de la Matière, la base des opérations intelligentes de la Nature et dans la Nature, appelé aussi Mahâ-Bouddhi.

Au fur et a mesure de la lecture, l’auteur rejoins les différentes mythologies et religions au même point. Elles sont issues d’une histoire bien plus antérieure à celle qui nous est présenté. Elles ne viendrait même pas de notre actuelle espèce adamique, mais d’une précédente.

Aussi, le symbolisme, qui prend un telle place dans les traditions ésotériques anciennes, est abordé et ce que l’auteur apporte fait sens sans être « tiré par les cheveux ».

« Le symbole ésotérique du Kali Yuga est l’étoile à cinq branches renversée – le signe de la sorcellerie humaine – avec ses deux pointes (cornes) tournées vers le ciel, position que tout occultiste reconnaîtra comme appartenant à la magie de « la main gauche », et employée en magie cérémonielle. »

Autres extraits

  • Qu’on se rappelle que le Feu, l’Eau et l’Air de l’Occultisme, ou les prétendus « Eléments de la Création Primaire », ne sont pas les éléments composés qu’ils sont sur la terre, mais les Eléments nouménaux et homogènes – les Esprits des éléments terrestres.
  • Les Esprits Planétaires sont les esprits qui animent les Etoiles, en général, et les Planètes, en particulier. Ils gouvernent les destinées des hommes nés sous telle et telle de leurs constellations : les Second et Troisième groupes appartenant à d’autres systèmes ont les mêmes fonctions, et tous gouvernent divers départements de la Nature. Dans le Panthéon hindou exotérique, ce sont les divinités gardiennes qui président aux huit points de la rose des vents – les quatre points cardinaux et les quatre points intermédiaires – ils sont appelés Lôhapâlas, « les Soutiens ou Gardiens du Monde » (dans notre Kosmos visible) et Indra (l’Est), Yama (le Sud), Varuna (l’Ouest), et Kuvéra (le Nord) en sont les chefs ; leurs éléphants et leurs épouses appartiennent à la fantaisie ou à une pensée venue après coup, quoi qu’ils aient tous une signification occulte.
  • Dans toutes les Cosmogonies, l’ « Eau » joue le même rôle important. Elle est la base et la source de l’existence matérielle. Les savants, prenant le mot pour la chose, ont compris par-là qu’il s’agissait de la combinaison chimique définie de l’oxygène avec l’hydrogène et ont donné ainsi une signification spécifique à un terme dont les Occultistes se servent dans un sens générique, et auquel on donne, en Cosmogonie, un sens mystique et métaphysique. La glace n’est pas l’eau, la vapeur non plus, les trois pourtant ont la même composition chimique.
  • Le Temps n’est qu’une illusion produite par la succession de nos états de conscience, à mesure que nous voyageons à travers la Durée Eternelle. Il ne peut pas exister lorsqu’il n’y a plus de conscience dans laquelle cette illusion puisse être produite ; dans ce cas « il gît endormi ».
  • Qui sont les « Seigneurs de la Lune » ? Dans l’Inde, on les appelle les Pitris ou les « Ancêtres Lunaires », mais, dans les écrits hébraïques, c’est Jéhovah lui-même qui est le « Seigneur de la Lune », collectivement, comme la Légion, et aussi comme un des Elohim.
  • La doctrine secrète
  • Helena Blavatsky
  • Éditions Adyar (paru pour la première fois en 1888 en anglais)
  • En français

Regard sur l’ouvrage

J’ai passé beaucoup d’heure à lire cet ouvrage! D’abord, je l’ai commencé en 2015, année où je suis partie seule voyager en Inde. Puis, vers 2023, car c’est cette même année que j’ai lu Isis devoilé.

Ce que j’aime en général de ce livre, c’est qu’il est très riche, abondamment renseigné, et que sa traduction permet de comprendre les concepts parfois avancé et de manière simple.

Pour ce qui est du contenu… il y a beaucoup de choses à dire. L’auteur est théosophe et donc se doit d’aborder un large éventail de sujets. À travers sont livre, elle nous nourrit de concepts, idées et d’informations dont l’accès serait difficile de nos jours.

Lire ce livre m’a donné envie de lire les autres références qu’elle mentionne, mais malheureusement, ces livres sont rares. Grâce à elle, j’ai compris que certains textes anciens, comme le Rig Veda, nécessitent une clé d’interprétation que les orientalistes n’ont jamais pu obtenir.

Ce livre ne se lit pas juste une fois et d’ailleurs, il ne se lit même pas sans prendre de notes.

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